Amplifions la voix de toutes les femmes, de nos communautés aux négociations mondiales sur le climat, ensemble nous sommes plus fortes et nous irons plus loin.

Amina Mohammed, Secrétaire Générale Adjointe de l’ONU

Notre Histoire

Comme beaucoup de femmes de ma génération, j’ai grandi en composant avec des attentes bien définies quant à ce que devait être une femme et à la place qu’elle était censée occuper. J’aspirais à la liberté de penser par moi-même, de remettre en question le statu quo et de tracer mon propre chemin.

Des années plus tard, en travaillant dans le secteur environnemental, un schéma récurrent est devenu impossible à ignorer : les femmes étaient souvent absentes des espaces où se décident l’avenir des terres, des forêts et des communautés. Leur présence était perçue comme une exception, alors qu’elles sont nombreuses à agir pour l’environnement à l’échelle communautaire, nationale et internationale.

Cette contradiction ne m’a jamais quittée. À travers le Bassin du Congo et d’autres régions d’Afrique francophone, j’ai rencontré des femmes qui protègent les écosystèmes, mobilisent leurs communautés et développent des solutions, souvent dans l’ombre, avec peu de soutien ou de reconnaissance.

J’ai fondé Terra Mucho en 2019 pour répondre à ce manque. Au départ, c’était un espace où des femmes leaders environnementales du Bassin du Congo, des femmes comme moi, pouvaient partager leurs parcours de leadership. Très vite, cette initiative a évolué vers quelque chose de plus vaste, avec l’ambition de renforcer le leadership des femmes, accroître la visibilité de leur impact et de créer des espaces où elles peuvent se rencontrer, grandir et influencer l’action environnementale à travers l’Afrique francophone.

Je crois profondément que lorsque les voix, les expériences et les aspirations des femmes sont mises en lumière et amplifiées, les récits changent, les mentalités évoluent et de nouvelles perspectives s’ouvrent. De nouvelles générations peuvent alors entrevoir un avenir porteur d’espoir et imaginer la place qu’elles peuvent elles-mêmes prendre dans le changement.

Aujourd’hui, je suis fière de voir Terra Mucho devenir progressivement un espace d’expression, de force et de solidarité pour les femmes engagées pour la justice environnementale à travers l’Afrique francophone. Nous avançons ensemble.

J’appartiens à cette région et j’ai vécu dans ma chair les défis que rencontrent nombreuses femmes. J’ai créé Terra Mucho avec le désir d’y contribuer de manière plus directe. Le nom ’Terra Mucho’ vient de ma langue maternelle, le kinyabwisha : ’Gutera’ : semer des graines, et ’Umucho’ : tradition. Pour moi, il évoque bousculer le statu quo en semant de nouvelles manières d’être et d’appartenir sans perdre le lien avec nos racines.

Mireille Kayijamahe

Fondatrice et Directrice exécutive de Terra Mucho

Nos valeurs

S.I.S.T.E.R (Soeur)

Nos valeurs se retrouvent dans ce mot: plus qu’un acronyme, il reflète qui nous sommes et ce que nous défendons. Ces valeurs guident notre travail, façonnent nos relations et ancrent notre engagement auprès des femmes leaders environnementales à travers l’Afrique francophone.

Nous croyons en la force de la solidarité entre les femmes. Nous cultivons des relations fondées sur la confiance, qui permettent à chacune d’apprendre des autres, de faire grandir son leadership grâce au partage d’expériences et de s’élever ensemble.

Nous sommes attentives aux dynamiques de pouvoir et de privilège. Nous créons des espaces où chaque voix compte et où l’inclusion guide la manière dont le leadership des femmes est reconnu, soutenu et valorisé.

Nous sommes engagées à adopter une approche consciente, responsable et participative dans tout ce que nous faisons. Nous développons nos initiatives et nos outils en concertation avec les femmes que nous accompagnons, afin qu’elles puissent se les approprier, les adapter à leurs réalités et les faire vivre de manière autonome.

Nous croyons que la confiance est à la base invisible de toute relation saine, indispensable à la réussite des actions menées sur le terrain. Nous nous efforçons de créer des espaces où chacune se sent en sécurité pour être vulnérable, pleinement elle-même, et peut partager son vécu et exprimer ses émotions sans crainte du jugement.

Nous croyons que chaque femme a le potentiel de devenir une leader. Nous choisissons de travailler avec des femmes, quels que soient leur titre, leur fonction ou l’ampleur de leurs initiatives. Nous créons des opportunités qui leur permettent de développer leur potentiel et de prendre pleinement leur place en toute assurance.

Nous nous sentons responsables envers les générations passées et futures lorsqu’il s’agit de préserver et d’assurer une gestion durable des terres et des ressources naturelles. Nous honorons les savoirs et les connaissances de celles qui nous ont précédées et nous nous efforçons de contribuer à un avenir meilleur pour celles qui viendront après nous.

Notre lutte

Des écosystèmes fragiles et une société civile sous pression

Un cœur écologique vital mais menacé

Le Bassin du Congo est l’un des écosystèmes les plus essentiels à la régulation du climat mondial, dont les forêts jouent un rôle déterminant dans l’équilibre écologique global.

Au-delà de sa richesse écologique, ce territoire est traversé par de fortes tensions autour des terres, des forêts et des ressources minières. Dans de nombreuses régions, l’accès et le contrôle de ces ressources alimentent les conflits et l’insécurité.

Dans ce contexte, la protection de l’environnement ne peut être dissociée des enjeux de pouvoir, d’accès aux ressources et de gouvernance.

145 000 km²

Le plus vaste complexe de tourbières tropicales au monde.

160 millions de tonnes

Un pilier de la stabilité climatique mondiale.

780 000 hectares

Des forêts essentielles continuent de disparaître à un rythme alarmant.

Seulement 11 %

Un écosystème mondial chroniquement sous-financé.

Agir dans un contexte contraint

L’engagement environnemental peut être une forme d’action à haut risque. Prendre la parole, défendre les ressources naturelles ou s’organiser collectivement implique souvent de faire face à des pressions, des restrictions, voire à des menaces.

Pourtant, la société civile joue un rôle essentiel : des individus et des organisations défendent les droits des communautés, soutiennent les actions environnementales et maintiennent des dynamiques essentielles, souvent dans l’ombre et sans reconnaissance.

Dans le Bassin du Congo et à travers l’Afrique francophone, ces actions s’inscrivent dans des contextes marqués par un financement limité, une collaboration fragmentée et un accès inégal aux espaces de décision et aux opportunités. Les barrières linguistiques renforcent ces contraintes pour la société civile, en limitant l’accès aux plateformes régionales et internationales et en réduisant la visibilité de nombreuses initiatives au-delà des frontières nationales.

70%+

S'engager pour l'environnement reste une activité à haut risque.

~ ⅔

Dans le Bassin du Congo, protéger l'environnement est indissociable des enjeux de terres, de ressources et de pouvoir.

50%+

Pourtant, les espaces de financement et de plaidoyer demeurent largement anglophones.

70%

La langue continue de façonner qui est vu, entendu et financé.

Risques visibles, leadership invisible

Pour les femmes leaders environnementales, ces risques sont encore plus marqués. Outre les pressions auxquelles fait face l’ensemble de la société civile, elles doivent composer avec l’exclusion, le manque de reconnaissance, les violences, ainsi que le poids souvent disproportionné des responsabilités familiales et communautaires.

Pour autant, elles restent pleinement engagées. Des initiatives locales aux mouvements de plus grande ampleur, les femmes continuent de jouer un rôle essentiel dans les dynamiques environnementales. Chaque jour, elles protègent les territoires, renforcent la résilience des communautés et font avancer le changement sur le terrain.rom local initiatives to wider movements, women continue to lead environmental action every day—protecting territories, strengthening resilience, and shaping change from the ground up.

80%

Au cœur des systèmes alimentaires africains.

60%+

Essentielles aux moyens de subsistance et à la résilience des communautés rurales.

SEULEMENT 0.2%

Les actrices du changement ne reçoivent qu'une infime part des financements.

SEULEMENT 0.01%

Les initiatives de femmes autochtones restent largement sous-financées

Notre mission

Leadership, visibilité et impact des femmes

Notre Vision

Nous amplifions les voix et l’impact des femmes qui mènent le changement environnemental dans le Bassin du Congo et à travers l’Afrique francophone.

Notre Mission

Nous voyons les femmes africaines jouer un rôle central dans la construction d’une société juste, qui place les ressources naturelles et la biodiversité au cœur du bien-être collectif.

Notre Contribution Unique

Peu d’organisations choisissent de se concentrer sur les femmes qui portent le changement environnemental dans le bassin du Congo et à travers l’Afrique francophone. Comme l’ont longtemps affirmé les féministes,le personnel est politique,” ce qui se joue dans la vie privée des femmes reflète et est façonné par des structures de pouvoir plus larges. C’est pourquoi nous proposons un accompagnement holistique, qui couvre à la fois les sphères professionnelle et personnelle,car nous savons que la confiance, le bien-être, les relations et l’accès aux bonnes opportunités et partenariats sont tout aussi essentiels au leadership que les compétences et les connaissances. Nous considérons ces femmes comme les véritables actrices du changement. Notre rôle est simplement de veiller à ce que les conditions soient réunies pour qu’elles puissent prendre leur propre place et exercer leur leadership. 

Notre théorie du changement

Notre contribution à l’impact environnemental

01

Nous sommes convaincues que lorsque les femmes leaders environnementales sont visibles et reconnues pour leur travail, elles gagnent en confiance pour s’exprimer sur les défis environnementaux auxquels leurs communautés sont confrontées et sur les solutions qu’elles portent.

02

Lorsqu’elles disposent des compétences et des connexions nécessaires pour partager leur impact et construire des alliances au-delà des frontières, elles deviennent plus influentes et plus efficaces dans leur action environnementale.

03

Et lorsqu’elles peuvent compter sur la solidarité, le soutien mutuel et l’accès aux opportunités et aux ressources auxquelles elles ont droit, elles sont en mesure de pérenniser et d’amplifier leurs efforts, contribuant ainsi à un changement environnemental plus juste, plus résilient et plus durable dans leurs communautés et au-delà.

Notre communauté

Notre équipe

Responsable communication

Je suis une Grondin de l’île de La Réunion, comme le poisson, façonnée par de nombreux courants et pleine de caractère. J’aime penser que j’ai hérité d’un talent pour naviguer entre différents univers et d’une certaine tendance à apparaître là où l’on ne m’attend pas. Au fil du chemin, j’ai cultivé un mélange de culture, de curiosité et d’histoires à partager, qui nourrit mon envie de créer du lien entre les personnes.

Agent d’entretien et d’opérations

Désiré signifie ‘souhaité’ ou ‘attendu.’ J’aime penser que ce prénom m’invite à avancer avec ambition, détermination et persévérance. Originaire du Littoral, je suis une personne sociable, organisée et attachée au travail bien fait. Au fil des années, j’ai appris que la constance, le respect des autres et le sens des responsabilités sont essentiels pour progresser et apporter une contribution positive autour de soi.

Assistante communication

Lamne signifie ’tester.’ Un prénom qui m’a appris très tôt que grandir, c’est expérimenter : essayer, observer, apprendre, recommencer parfois, mais toujours avancer. Avec le temps, j’ai compris que cette idée de ’tester’ façonne aussi ma manière de raconter le monde. J’aime explorer de nouvelles idées, aller à la rencontre des personnes et transformer ce que je découvre en récits capables de créer du lien et de donner du sens.

Conseillère organisationnelle et stratégique

Ma mère disait toujours que, si elle avait une fille, elle l’appellerait Emily. Quand ma sœur est née, pourtant, ce prénom ne lui a pas semblé lui correspondre. Elle en a choisi un autre. Puis je suis arrivée, cinq ans plus tard, et cette fois, le prénom s’est imposé naturellement. Emily est souvent associée à la diligence, à l’engagement et à l’ambition. On dit aussi que celles qui portent ce prénom sont guidées par la résilience, la compassion et une certaine force intérieure. La vie est un chemin d’apprentissage, et j’essaie, à ma manière, de donner corps à ces valeurs au fil du temps.

Responsable Finance, Administration et Opérations

Diane symbolise la lumière, la pureté, l’indépendance et la force féminine. Je me reconnais dans ces valeurs et les incarne à ma manière. Je suis une guerrière parmi les femmes engagées, guidée par la détermination d’atteindre mes objectifs et de faire avancer les choses.

Responsable Parcours Bien-Être et facilitatrice

Mon nom de famille est celui d’une ville du nord de l’Italie. Il me relie, sans détour, à mes origines. Cremona, capitale de la lutherie, terre de Stradivarius, porte l’odeur du bois travaillé et l’écho des musiques anciennes. Mon grand-père, Fausto Ciro, a quitté cette terre dans l’entre-deux-guerres pour venir reconstruire un morceau de France et chanter la sérénade à ma grand-mère. Je suis née de cette histoire d’amour, entre exil, mémoire et musique.

Fondatrice et Directrice exécutive

Ukwigize signifie littéralement ’ce que Dieu veut’, un prénom hérité de mon arrière-grand-mère, que j’ai doucement fait mien. Ma relation avec Dieu ? Si je devais mettre à jour mon statut, ce serait : ’c’est compliqué.’ Si présent, si lointain. Alors j’ai fini par adopter ’ainsi soit-il’ : une résolution tranquille qui m’a portée à travers plus de décisions que je ne saurais compter. Si ça me place quelque part entre Papa Wemba et les Beatles, ainsi soit-il. Deux icônes, deux continents, un prénom, je n’aurais pas voulu qu’il en soit autrement.

Responsable du Parcours Storytelling

Myra Dunoyer est un prénom composé que ma mère a trouvé dans un roman qu’elle lisait avant ma naissance ; j’aime penser que j’ai été précédée par une histoire, et que j’en écris aujourd’hui à mon tour pour des personnages et des peuples qui doivent laisser une trace. Vahighene, en kinande, signifie ’ils se sont séparés du mal’. Kavira, chez les Nande, désigne la deuxième fille de la famille, celle qui veille aussi à l’hygiène de la maison. Ces noms me relient à la fois à l’imaginaire, à la transmission et à une forme de responsabilité : écrire, pour moi, c’est prendre soin de la mémoire

Responsable suivi et engagement

Mon nom Bessesseye porte une musicalité qui évoque le mouvement et la continuité. Comme une phrase qui se répète autrement à chaque fois, il me rappelle que chaque étape de la vie peut être une variation d’une même histoire, toujours en évolution.

Notre Conseil d’administration

Secrétaire du Conseil d’administration

Charlotte vient du germanique Karl, qui signifie personne libre, pleinement souveraine, n’appartenant à personne d’autre qu’elle-même. Il m’a fallu du temps pour vraiment grandir dans ce prénom. Mais en y repensant, chaque rôle que j’ai occupé, chaque cause pour laquelle je me suis battue, chaque choix que j’ai fait a été un pas vers exactement ça : devenir assez libre pour agir en plein accord avec qui je suis.

Trésorière du Conseil d’administration

Mon prénom Faida vient du swahili et signifie bénéfice, quelque chose de précieux. Mon nom de famille, Uwitonze, vient du Kinyabwisha et signifie celle qui est patiente, celle qui est sage et garde son calme. Je ne sais pas si mes parents avaient tout planifié, mais entre les deux, ils m’ont donné une feuille de route assez claire pour traverser presque 20 ans de finance humanitaire sans perdre la tête.

Présidente du Conseil d’administration

Pendant longtemps, j’ai porté mon prénom comme quelque chose de trop lourd et trop visible. Marie-Ange paraissait long, difficile à prononcer, profondément marqué par son caractère religieux, et parfois décalé dans les environnements internationaux où je travaillais. Pendant près de trente ans, tout le monde m’a simplement appelée Marie. Mes amis, mes collègues, et même une partie de ma famille utilisaient rarement mon prénom complet ; la plupart ignoraient même que mon prénom complet était Marie-Ange. Avec le temps, j’ai pourtant fini par me réconcilier avec lui. J’ai commencé à en entendre la poésie plutôt que le poids. Dans un monde rempli de Marie, il n’y a qu’une seule Marie-Ange. Ce qui me semblait autrefois inconfortable est devenu progressivement une source de force et de singularité. Aujourd’hui, je ne cherche plus à rendre mon prénom plus discret. Je le porte pleinement, avec la conviction que son unicité fait partie de mon histoire